Fanny Ardant : « Tout ce qui est beau doit être partagé »



La Croix L’Hebdo : À quel moment avez-vous su, voulu, compris que vous seriez actrice ?

Fanny Ardant : Assez jeune mais de manière irrationnelle. Un jour, à l’Opéra, j’ai murmuré à mon frère : « Plus tard, je serai de l’autre côté du rideau. » Assise dans mon fauteuil, j’observais l’aspect factice des spectateurs regroupés, le rideau en velours rouge… Soudain, au milieu de cette convention, quelque chose m’a bouleversée. Le rideau s’est levé. J’ai vu La Traviata, l’amour fou. Mourir plutôt que se résigner. Cette certitude est ancrée dans mes gênes. Je voyais qu’il suffit d’une seule personne sur scène pour exprimer la totalité du monde. Je lisais beaucoup. Je pensais déjà que tout ce qui est beau avec le verbe doit être partagé. On doit se lever pour le dire tout haut dans le noir. C’est l’essence même du théâtre.

Après le bac, mes parents, qui m’aimaient beaucoup, voulaient me protéger : « Non, ce n’est pas un métier ! Fais tes humanités. Élargis ton spectre. Regarde plus loin. » J’ai choisi les études les plus courtes, trois ans, Sciences Po à Aix-en-Provence. Mais c’est comme si j’avais appris le piano pour jouer du violon. Je ne regrette rien. De ces années universitaires, j’ai acquis le goût de la dialectique, des engueulades, des prises de position. Les idéologies structuraient la pensée de ma génération. Montaigne dit que c’est l’introspection, la lecture, et la conversation qui nous constituent.

Vous vouliez devenir quoi, à l’époque ?

F. A : Dans ma tête demeurait, indélogeable, mon désir d’être actrice. Mais la politique avait pris le pas. Je voulais d’abord changer le monde. Mes engagements me portaient vers les extrêmes. Entrer dans l’un de ces mouvements imposait de changer d’appartement, de ne pas avoir de famille. Cette abnégation, je l’admirais, mais j’ai toujours choisi ma propre manière de faire. Mon égoïsme m’a sauvée.

Que vouliez-vous changer dans le monde, à ce moment-là ?

F. A : J’ai toujours adhéré à l’idée que le profit, c’est le vol. Pour moi, les exactions du capitalisme étaient comparables aux exactions du communisme. Je rêvais d’une troisième voie. J’ai longtemps côtoyé l’aristocratie italienne à qui je demandais : qu’avez-vous fait de vos privilèges ? Niente !

Engagements extrêmes, petits boulots ici et là, vous donnez l’impression de vous être beaucoup cherchée. À quel moment vous bifurquez pour de bon ?

F. A : J’exécrais ces petits boulots que je faisais pour pouvoir vivre. Je me croyais toujours plus intelligente que ceux qui m’employaient. Pour faire plaisir à mes parents, je suis partie à Londres préparer le concours des affaires étrangères. La vie là-bas était difficile. De retour à Paris, j’ai rencontré un homme passionnant, Louis Ducreux, qui mettait en scène une opérette d’Offenbach. Je suis allée le saluer, au bluff, et je suis devenue son assistante, pas payée alors que je tirais le diable par la queue. J’avais un grand chagrin à l’époque. « Je veux ne plus penser, lui ai-je dit. – Eh bien, vous allez être servie… » Je travaillais beaucoup. Quelqu’un m’a conseillé de m’inscrire à un cours d’art dramatique, chez Jean Périmony. Il se moquait de mon accent. « Mais d’où vous venez ? » Il me faisait travailler à voix haute les Oraisons funèbres de Bossuet pour me forcer à articuler.

J’étais comme les fous qui entendent une toute petite voix en traversant la forêt. Je la suivais. Je n’avais aucune culture théâtrale. Je lisais beaucoup, mais pas de pièces. Je m’étais juste jetée sur Claudel parce qu’il me paraissait fou et exalté. Je n’aimais pas, je n’ai jamais aimé les raisonnables. Ensuite, c’est comme les rotatives. Les petites roues entraînent le mouvement des grandes roues. Et c’est inexorable. J’ai entrepris ce métier comme on se jette dans une passion pour s’y brûler. Je n’ai jamais supplié quelqu’un de m’engager. Je n’ai jamais choisi. J’ai été choisie.

Vos débuts dans le métier sont difficiles. Pourquoi vous accrochez-vous ?

F. A : C’est très mystérieux. Souvent, j’étais renvoyée des auditions à cause de mon physique, de mon « accent ». Je m’étais même présentée pour être une James Bond girl. « Vous êtes trop laide pour ce rôle mais vous ferez des choses plus intéressantes que ça », m’avait dit l’une des directrices de casting. J’ai subi, à mes débuts, beaucoup de brûlures d’amour-propre, de blessures narcissiques, de refus brutaux. Je suis d’une nature obstinée, obsessionnelle même. Il m’en fallait plus pour renoncer. Beaucoup de voix me dissuadaient de continuer. J’entendais mais je ne me laissais pas faiblir. On me faisait comprendre aussi que comme j’avais été brillante pendant mes études, c’était du gâchis de vouloir persévérer dans cet univers incertain. Quand, parfois, un jeune homme ou une jeune fille me demande des conseils, je réponds que je n’ai aucun conseil à donner. La vie de chacun ne ressemble à celle de personne. Je leur dis juste : il faut la certitude des fous et s’enfoncer résolument dans la forêt.

Est-il vrai que vous ne pensiez pas du tout au cinéma ?

F. A : Oui. Trop magique, inatteignable. J’allais quand même aux auditions.

Comment tous ces professionnels ont-ils pu passer si longtemps à côté de vous ?

F. A : Parce que je suis ingrate. Je suis une fille laide, qui s’est faite. J’étais très grande pour ma génération. Quand un garçon m’invitait à danser et que je me levais, je voyais bien que mon allure désorientait. Après bien des vexations, j’ai mis des talons pour être encore plus grande.

« Je suis une fille laide »… Vous êtes sérieuse ? À qui vous allez faire croire ça ?

F. A : Je vous jure ! Je me suis beaucoup maquillée, coiffée, très tôt. Je ne pouvais pas rester telle que la mère nature m’avait faite. Il existait déjà un mouvement féministe très actif quand j’étais adolescente qui réprouvait mon comportement. J’étais une solitaire. Je ferais toujours ce que je voudrais. L’égoïsme, toujours. J’avais grandi au milieu d’hommes que je trouvais remarquables. J’aimais beaucoup la compagnie de gens différents de moi. Je n’avais pas besoin d’exprimer mon égalité. Je la pensais, je la vivais.

Votre père était officier de cavalerie, Résistant, gouverneur du palais de Monaco. Vous avez été élevée dans un milieu très policé. D’où vous vient ce caractère indomptable ?

F. A : Comme j’aimais passionnément ma famille, je caressais le rêve de rester vieille fille et de finir en mangeant du chocolat, allongée sur mon lit, tout en lisant. Cet idéal m’aurait suffi et convenu. Mais en grandissant à Monaco, j’ai vu le ridicule des privilégiés. Mon père, grand lecteur lui aussi, cultivait une indépendance d’esprit. Il récusait l’idée d’être identifié à son corps d’élite, sa classe sociale, ses revenus. Son exemple m’a beaucoup nourrie. On s’imagine que, militaire, il nous a élevés à la schlague. Pas du tout ! Pour être officier de cavalerie et tenir sur un cheval, il faut être souple, pas trop rigide. Il ne cessait de me répéter : « Tu n’es pas sur terre pour donner des leçons aux autres. » Et il ajoutait souvent : « Sois douce ! »

Pourquoi ce conseil ?

F. A : Parce que j’étais régulièrement renvoyée des écoles où l’on m’avait inscrite. Je ne supportais pas l’autorité. Je suis profondément asociale. Je suis loin d’être une femme bienveillante. Je n’aime pas les mondanités, les dîners sans conversation, les rassemblements de personnes du même métier. Je préfère parler aux inconnus. Mon caractère irréductible vient de cette solitude et de la certitude des fous.

Quel a été le déclic, l’élément déclencheur de votre carrière ?

F. A : Un dimanche, par une connaissance, j’avais reçu une invitation au théâtre pour voir Le Lion en hiver, la pièce de James Goldman. Bien élevée par ma famille bourgeoise, je suis allée remercier. J’ai frappé à la porte de la loge de Patrice Alexsandre, l’un des acteurs. Il était un grand ami de Nina Companeez. Elle écrivait, à ce moment-là, son feuilleton Les Dames de la côte… Il lui a dit : « J’ai rencontré une grande fille bizarre. Tu devrais la voir. »

À 30 ans, soudain, tout s’accélère. Succès considérable des Dames de la côte à la télévision. Rencontre avec François Truffaut, La Femme d’à côté, Vivement dimanche ! Les films avec Alain Resnais. La reconnaissance, la gloire…

F. A : Je ne l’ai pas vécu comme ça. La petite roue de la rotative a entraîné la grosse roue. Il n’y avait encore que trois chaînes. À la demande des téléspectateurs, l’ORTF a rediffusé Les Dames de la côte, deux mois après la première diffusion. C’est fou, non ? François Truffaut m’a remarquée. La porte du cinéma s’est ouverte pour moi. Je suis entrée dans une forêt enchantée. L’étincelle de la rencontre avec François Truffaut a mis le feu…

Quand j’ai reçu le synopsis de La Femme d’à côté, j’ai découvert un personnage qui me ressemblait tellement et une histoire qui m’émerveillait : oui, on peut mourir d’aimer. Je ne crois qu’à ça. J’étais ivre de joie. Je sortais soudain de ma longue solitude, entraînée par des personnes magiques, Gérard Depardieu, François Truffaut, leur conversation, leur personnalité. La vraie vie s’engouffrait, enfin. C’était comme un incendie en moi et, en même temps, je trouvais ça normal. Je marchais au-dessus du sol. Tourmentée de nature, je me sentais totalement réconciliée auprès de François. Tout devenait harmonique

Avec François Truffaut, années trop courtes, vous allez connaître le très grand bonheur et le deuil brutal… Que reste-t-il de ces années-là ?

F. A : C’était magique. Avec François, il ne fallait faire des films que dans la passion absolue. Mais soudain, tout s’est passé comme si je plongeais dans un étang vide et que je m’y fracassais. J’ai perdu l’envie de vivre…

Comment se remet-on d’un tel drame ?

F. A : Par et pour les enfants. Je devais les protéger. Faire comme si… Je suis profondément pessimiste, d’une grande noirceur intérieure, en proie au sentiment tragique de la vie. Mais je suis aussi énergique, positive. Ne jamais vivre à demi. Dans ce marasme, il y a des éclats. Il faut vivre pour les éclats. Avant mon premier enfant, je pensais que j’allais très mal finir. J’ai toujours eu des enfants par l’opération du Saint-Esprit, pas programmés. Je n’ai jamais eu de stratégie, ni dans ma vie privée, ni professionnelle. Les choses m’arrivent dans un énorme « bordello ».

Qu’aimeriez-vous que l’on retienne de François Truffaut ?

F. A : Sa passion et l’amour de l’amour. Le fil conducteur de ses films, c’est chercher l’amour. L’amour attendu, l’amour bafoué, l’amour perdu. Un homme passionné, très intelligent, d’une extrême sensibilité de courtoisie.

Dans L’Amour à mort, d’Alain Resnais, vous jouiez une femme pasteur…

F. A : Altruiste, sereine, harmonique, cette femme pasteur était à l’opposé de moi. Nous sommes faits de plusieurs pièces, dont certaines que nous ne visitons jamais. Des rôles vous font entrer dans ces pièces où vous n’avez jamais allumé la lumière. J’ai joué des rôles très loin de moi mais qui m’éclairaient sur moi. J’ai allumé des pièces dans ma maison que je n’aurais pas dû allumer. Les films que j’ai tournés sont aussi comme des pluies tombées sur moi. Comment savoir ce que la pluie fait germer.

Il est manifeste que le cinéma vous aime. Mais vous, aimez-vous le cinéma ?

F. A : Oui ! Beaucoup, beaucoup. J’aime l’idée de la salle obscure. Je ne lis jamais les journaux, ni les critiques. Je ne sais rien de ce que je vais voir. Faites de moi ce que vous voulez. Je suis très éclectique, très bon public.

Pourquoi les seuls films que vous ne regardez pas sont-ils les vôtres ?

F. A : Parce que je porte en moi le rêve du film pendant que je le tournais. Je ne veux pas voir un autre film que celui qui est en moi.

Une vie d’actrice, c’est être toujours en représentation, renvoyer une image de soi dont les autres s’emparent. Pour vous, est-ce un carcan ou une suprême liberté ?

F. A : Suprême liberté… On s’avance masquée. Jouer un jeu pour ne pas être friable. Je peux parler de ce que je crois, de ce que je pense, mais pas de ma vie. Je dis souvent que je mens, mais pas dans ce que je crois. Je veux bien qu’on m’aime mais je ne veux pas plaire.

Que voulez-vous dire ?

F. A : La vie est trop brève pour viser l’équilibre du danseur de cordes. Quand j’aime, je prends tout. Je donne tout, je ne compose pas. Tandis que plaire, c’est entrer dans une logique de courtisan. Quelqu’un qui m’aime malgré tous mes défauts me plaît plus que quelqu’un à qui j’ai voulu plaire.

Vous avez fait l’objet de plusieurs polémiques – votre soutien aux Brigades rouges, votre amour de la Russie et votre détestation de l’Amérique, votre défense de Roman Polanski. Regrettez-vous d’avoir parlé ou d’être sollicitée en permanence sur une multitude de sujets ?

Non, je ne regrette rien. Je ne peux pas parler de tout, en effet. Mais si on me demande un avis sur un sujet qui me touche, je ne peux pas me taire. Je ne cherche jamais à ménager la chèvre et le chou.

Vous êtes imprégnée de littérature et de culture russes. Vous adorez ce pays. La Russie s’est enfermée dans une guerre effroyable. Qu’y a-t-il à sauver aujourd’hui de la Russie que vous aimez ?

F. A : Tous mes amis acteurs ou musiciens russes ne comprennent pas qu’on puisse rejeter toute la culture de leur pays. Nous, Français, sommes-nous tous assimilés à Macron ? Le peuple subit, lui aussi. Ostraciser un peuple n’a aucun sens. Alors, on n’étudierait plus Dostoïevski dans les universités ? C’est n’importe quoi ! Que savons-nous des Russes ? De la Russie, j’aime la littérature, la poésie, la musique, la peinture, tout ! J’ai une vision romanesque de son histoire tragique.

Vous alternez cinéma et théâtre. Être sur scène, dites-vous, est comme une mise à mort…

F. A : J’ai souvent le trac, avec la sensation que mon cœur va s’arrêter. Mes lèvres restent collées sur mes dents. Tout m’abandonne. Vous entrez sur scène comme le taureau dans l’arène. Le public ressemble aux fauves. Allez-vous réussir le combat ? Mais le théâtre purifie. Vous vous raccrochez à une incandescence du monde et vous y entrez en brûlée vive. J’ai souvent fait des « seule en scène ». Ma simple présence agit déjà comme une mise en demeure. Vous êtes là, vous devez m’entendre.

Vous avez interprété à plusieurs reprises la Callas, une femme en quête pathétique de l’amour, et qui mourra de cet absolu. Quel est le vôtre ?

F. A : Je ne peux pas le dire. C’est trop indiscret. Je le vis comme le tir à l’arc. Ce n’est pas la cible qui m’intéresse mais la force et la tension pour l’atteindre. L’absolu est une idée qui permet de grandir, de se hausser au-dessus de soi-même. Cette quête intérieure, vers un Graal dont vous savez qu’il va se dérober, vous maintient vivant. Tout est dans ce mouvement, tendre vers, afin de s’arracher à sa médiocrité, à sa dépendance pour des choses sans intérêt.

Vous dites beaucoup que vous croyez au pur présent, à l’instant, et en même temps le mot mélancolie revient tout le temps dans votre bouche. Cette mélancolie vous entraîne vers quoi ?

F. A : Je privilégie le moment présent, je ne suis jamais dans le futur. Mais je demeure une incurable mélancolique. Je ne sais pas tirer un trait sur ce que j’ai vécu. Tout est là, le passé, les êtres que j’ai aimés, les maisons abandonnées, les parents, les frères et sœurs, les échos des vacances, les souvenirs. La mélancolie m’entraîne vers la noirceur. Tout ce qui s’est accumulé dans ma vie est comprimé comme dans un barrage. Aux premières lézardes, je sens que je dois colmater au plus vite. Un voile noir me tombe dessus, me renvoie au sens tragique de la vie que je n’oublie jamais.

Cette mélancolie est-elle de nature à vous paralyser ?

F. A : Non. Mais elle nourrit cette alternance d’ombre et de lumière, de nuit et de soleil qui constitue une vie. Elle me fragilise mais me rend sensible à la fragilité de l’autre. Il m’arrive de penser que je hais l’humanité en descendant la rue ; je la remonte en me disant que j’ai une passion pour l’humanité. Cette dialectique intime, ce balancement intérieur, nourrit la violence autant que l’émotion.

Je suis hantée par l’éphémère. Je sais que dans vingt ans, nous, les acteurs et les actrices d’aujourd’hui, nous serons balayés, puis oubliés. J’en suis consciente mais j’aime la vie par-dessus tout. Je n’ai que faire des conseils de santé qu’on nous serine à longueur de journée. Avec moi, ils s’adressent au mauvais client. Je m’en fous de durer. Je ne vois la mort que comme une délivrance, une amie qui résout tout. Mais d’ici là, je veux vivre intensément, passionnément. Jusqu’au bout !

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Ses dates

1949. Naissance de Fanny Ardant du Picq

1979.Les Dames de la côte

1981.La Femme d’à côté

1982.La Vie est un roman

1983.Vivement dimanche !

1984. Mort de François Truffaut, à 52 ans

1986.Mélo

1993.Le Colonel Chabert

1996.Pédale douce et Ridicule

2002.Huit femmes

2019.La Belle Époque

2022.Les Volets verts

Réalisatrice

2009.Cendres et sang

2013.Cadences obstinées

2016.Le Divan de Staline

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Son écrivain

Marguerite Duras

« Pour cette phrase : Je crois qu’on écrit toujours sur le corps mort du monde, de même que sur le corps mort de l’amour, que c’est dans ces moments d’absence que l’écrit s’engouffre pour ne remplacer rien de ce qui a été vécu mais pour en consigner le désert laissé par lui.»

Son peintre

Le Caravage

« Pour son odeur du sang et sa violence, pour son noir décliné à l’infini et la fulgurance de sa lumière. »

Son cinéaste

Andreï Tarkovski

« Pour cette scène dans Andreï Roublev où un jeune homme doit construire des cloches. Le jour où les cloches s’ébranlent et sonnent, il se jette par terre en pleurant : Je ne savais pas faire les cloches.” »

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